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Crypto et web que reste-t-il après l’engouement médiatique et l’effondrement des bulles spéculatives

Crypto et web que reste-t-il après l’engouement médiatique et l’effondrement des bulles spéculatives

Crypto et web que reste-t-il après l’engouement médiatique et l’effondrement des bulles spéculatives

Souvenez-vous : en 2021, tout le monde avait une opinion sur les cryptos. Les médias généralistes en parlaient en boucle, les influenceurs promettaient « la liberté financière » et les NFT de singes pixelisés se vendaient plusieurs centaines de milliers de dollars. Puis sont arrivés les krachs, les scandales, les faillites de plateformes, l’atterrissage brutal.

Résultat : le sujet a quitté la une des journaux, les particuliers se sont fait plus discrets… et beaucoup se demandent aujourd’hui : crypto et web, que reste-t-il vraiment après l’engouement médiatique et l’effondrement des bulles spéculatives ?

La réponse tient en une phrase : la spéculation s’est calmée, mais les briques techniques et les usages sérieux, eux, sont toujours là – et ils avancent, plus discrètement.

De la hype au crash : rappel express

Pour comprendre où on en est, il faut revenir rapidement sur ce qui s’est passé :

Pour donner un ordre de grandeur : la capitalisation totale du marché crypto a dépassé les 3 000 milliards de dollars fin 2021. Un an plus tard, elle avait perdu plus de 70 %. Et certains NFT qui se vendaient 200 000 € ne trouvent plus preneur à 2 000 €.

Mais sous la couche spéculative, des choses plus intéressantes se sont construites. Une partie du web expérimente encore les outils et concepts issus de ce « boom crypto », même si on en parle moins sur BFM.

Ce qui a disparu (ou presque) avec la fin de la bulle

Certaines tendances n’ont tout simplement pas survécu à l’atterrissage.

C’est désagréable pour ceux qui ont acheté au plus haut, mais cette purge avait un effet utile : nettoyer une partie du bruit et laisser de la place aux projets qui cherchent autre chose qu’un pump & dump rapide.

Ce qui est resté : les briques technologiques utiles

Derrière les tokens qui s’envolent puis se crashent, il y a des technologies qui, elles, ne fluctuent pas avec le cours du jour.

On n’est plus dans le fantasme de « tout va être sur la blockchain », mais dans une approche beaucoup plus pragmatique : on garde ce qui est robuste, simple, et vraiment meilleur que les alternatives existantes.

Bitcoin : de la monnaie miracle au « cash numérique dur »

Le discours sur le Bitcoin a lui aussi changé.

Au début, on l’a présenté comme une nouvelle monnaie du quotidien. Dans les faits, très peu de gens payent leur café en Bitcoin. Là où il reste pertinent :

La bulle a surtout révélé quelque chose : une partie des utilisateurs ne veut pas d’un « nouveau compte bancaire », mais d’un actif numérique qu’on ne peut pas saisir ou censurer facilement. Cet aspect-là, lui, n’a pas disparu.

Ethereum, DeFi et smart contracts : l’Internet programmable de la valeur

Énormément de projets sont morts, mais l’idée centrale de la DeFi (finance décentralisée) reste puissante : des services financiers ouverts, programmables, accessibles par simple connexion à un wallet.

Les volumes ne sont plus au niveau de l’euphorie de 2021, mais plusieurs briques tiennent bon :

La bulle a fait apparaître beaucoup d’excès : rendements irréalistes, schémas quasi-pyramidaux, sécurité négligée. Mais elle a aussi permis de tester à grande échelle ce qu’un « web de la valeur » programmable pouvait faire. Les projets encore debout ont été forcés de se professionnaliser : audit de code, gouvernance plus claire, modèles économiques moins fantaisistes.

NFT : moins de bling, plus d’usages concrets

Le mot « NFT » déclenche encore souvent des sourires ironiques. Pourtant, le concept de base – un jeton numérique unique, traçable et transférable – n’a rien de ridicule.

Ce qui change, c’est le type d’usage :

On est passé d’un modèle « spéculer sur des images » à des cas plus terre-à-terre : prouver, certifier, tracer, donner des droits. C’est beaucoup moins glamour sur Twitter, mais nettement plus solide.

Startups et web : des pivots plutôt que des abandons

Côté startups et web, la dynamique est intéressante : beaucoup de projets n’ont pas abandonné la crypto, ils l’ont repositionnée.

Au lieu de vendre du « web3 » comme une fin en soi, ils l’utilisent comme une couche technique :

Pour l’utilisateur final, l’expérience reste familière : login, bouton, paiement par carte ou virement. La complexité crypto est masquée derrière des interfaces plus digestes. En clair : les startups ont compris que la majorité des gens ne veut pas gérer de seed phrase de 24 mots.

La régulation : de la zone grise au cadre structuré

Un autre changement majeur post-bulle : les États ont arrêté de regarder la crypto comme un simple phénomène marginal. L’Union européenne, par exemple, a adopté le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), qui encadre :

Conséquences concrètes :

La crypto perd une partie de son côté « Far West », mais gagne en crédibilité. C’est un changement majeur pour les projets qui veulent durer plus de six mois.

Et les utilisateurs dans tout ça ? Méfiance, mais pas désintérêt

Psychologiquement, la bulle a laissé des traces. Beaucoup de particuliers ont :

Mais cela ne veut pas dire que le sujet est mort. Plutôt qu’une disparition, on observe une maturation :

Paradoxalement, c’est quand les médias généralistes s’intéressent moins au sujet que le travail le plus sérieux se fait. Un peu comme pour l’IA : les années où personne n’en parlait dans le grand public sont celles où les briques fondamentales se sont construites.

Crypto, web et culture geek : ce qui persiste dans l’imaginaire

Sur le plan culturel, la crypto a laissé une empreinte durable dans l’écosystème web et geek :

Sur Buzz-Web, on le voit bien : dès qu’un sujet touche à la décentralisation, au contrôle de ses données ou à l’économie des créateurs, l’intérêt est là – même si le mot « crypto » n’apparaît pas dans le titre.

À quoi va ressembler la suite ?

Il serait présomptueux de prédire précisément la prochaine phase, mais plusieurs tendances se dessinent déjà.

Au final, la crypto post-bulle ressemble un peu à Internet après l’éclatement de la bulle des dot-com : moins de show, moins de promesses délirantes, plus de travail de fond. Beaucoup d’acteurs ont disparu, mais les survivants construisent des choses qui, dans quelques années, sembleront « normales », au point qu’on oubliera presque qu’elles ont commencé dans la spéculation et le chaos.

Pour les curieux du web, de la tech et des cultures numériques, la vraie question n’est plus « faut-il acheter du Bitcoin ? », mais plutôt : quels nouveaux usages, modèles économiques et formes de communautés le duo crypto + web est en train de rendre possibles, loin des projecteurs ? C’est aujourd’hui, dans ce relatif silence médiatique, que se joue la réponse.

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