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Culture geek : le retour en force des consoles rétro dans les salons et sur le marché de l’occasion

Culture geek : le retour en force des consoles rétro dans les salons et sur le marché de l’occasion

Culture geek : le retour en force des consoles rétro dans les salons et sur le marché de l’occasion

Qui aurait parié, il y a dix ans, que des Super Nintendo jaunies, des PlayStation 1 rayées et des Game Boy sans rétroéclairage referaient la une des salons… et flamberaient sur Leboncoin ? Et pourtant, c’est exactement ce qui se passe. Les consoles rétro ne sont plus seulement des reliques de grenier : elles sont redevenues des objets de désir, au croisement de la culture geek, de la déco et de l’investissement.

Pourquoi les consoles rétro reviennent sur le devant de la scène

Si les consoles d’ancienne génération reviennent en force, ce n’est pas uniquement une affaire de nostalgie. Plusieurs tendances se croisent :

Résultat : ce qui dormait au fond des placards se retrouve aujourd’hui au cœur du salon, entre une barre de son connectée et un écran 4K flambant neuf.

La nostalgie, un moteur… mais pas le seul

La nostalgie est évidemment un élément clé. Les trentenaires et quarantenaires d’aujourd’hui ont grandi avec la NES, la Mega Drive, la Nintendo 64 ou la PlayStation. Ils ont du pouvoir d’achat, un appartement à aménager, et l’envie de retrouver leurs sensations de gosse.

On observe d’ailleurs un phénomène très net : chaque fois qu’une génération atteint l’âge où elle peut « s’offrir ses souvenirs », les prix de ses objets d’enfance montent. C’est déjà arrivé pour les jouets vintage des années 80, c’est désormais le cas pour les consoles sorties entre la fin des années 80 et le début des années 2000.

Mais réduire le retour des consoles rétro à un simple coup de vieux collectif serait trop facile. Ces machines incarnent aussi :

En filigrane, ce retour en grâce est aussi un commentaire sur le présent : face au trop-plein technologique, les joueurs redécouvrent le charme de la simplicité.

Le marché de l’occasion en ébullition

C’est sur le marché de l’occasion que cette tendance est la plus visible. Là où certaines consoles se vendaient pour une poignée d’euros il y a encore quelques années, les prix ont explosé.

Quelques ordres de grandeur observés sur les plateformes de revente (Leboncoin, Vinted, eBay, groupes Facebook spécialisés) à l’automne 2024 :

Les éditions limitées, les consoles « transparentes », les coloris spéciaux ou les packs complets (boîte, notices, inserts) voient leur cote s’envoler. On assiste aux mêmes mécanismes que dans le marché du vinyle : ce qui était considéré comme « vieux » devient « vintage »… donc bankable.

Spéculation, bonnes affaires et arnaques : un nouvel eldorado geek ?

Dans ce contexte, certains ont vite compris qu’il y avait de l’argent à se faire. On voit apparaître :

Pour les acheteurs moins aguerris, le risque est de payer un produit largement au-dessus de sa valeur réelle, voire défectueux. Quelques réflexes utiles avant de craquer sur un coup de cœur :

À l’inverse, il existe encore de vraies bonnes affaires pour ceux qui savent où chercher : petits sites d’annonces locaux, ressourceries, associations, proches qui « font du tri » sans mesurer la valeur de ce qu’ils possèdent.

Entre vitrine déco et machine de jeu à part entière

Les consoles rétro ne reviennent pas seulement pour être branchées et utilisées. Elles deviennent aussi des objets de mise en scène dans les intérieurs.

On observe deux profils de propriétaires :

Les réseaux sociaux jouent un rôle clé : les setups rétro cartonnent sur Instagram, TikTok ou Reddit. Une N64 coloris « Funtastic », un vieux CRT Trinitron et une pile de cartouches bien rangées suffisent à générer des milliers de likes. La console devient un marqueur identitaire : elle raconte une époque, une façon de jouer, une appartenance à une « tribu » geek précise.

Fabricants et éditeurs surfent sur la tendance

Évidemment, l’industrie n’est pas restée spectatrice. Plusieurs mouvements renforcent ce retour en force :

Paradoxalement, cette offre « officielle » ne détruit pas l’attrait des machines d’origine. Elle agit plutôt comme une porte d’entrée. Un joueur qui redécouvre Super Metroid via un service en ligne peut ensuite avoir envie de posséder la cartouche d’époque… et la console qui va avec.

Entre authenticité et modernisation : la vague des consoles hybrides

À côté des machines 100 % d’origine, un autre segment explose : celui des solutions hybrides, qui cherchent à concilier charme du rétro et confort moderne.

On voit notamment se développer :

Ce marché parallèle répond à une question très concrète : comment profiter de ces vieux jeux sur des écrans actuels, sans se battre avec les adaptateurs et les résolutions bizarres ? Il participe aussi à la survie du patrimoine vidéoludique, en rendant son usage plus simple et plus durable.

Réparer, modder, préserver : une nouvelle culture de la bidouille

Derrière cette vague nostalgique, une communauté très active s’est structurée autour de la réparation et de l’optimisation des consoles rétro. Tutoriels YouTube, forums spécialisés, serveurs Discord et groupes Facebook regorgent de contenus pour :

On assiste à un mélange intéressant entre culture geek et culture maker. Restaurer une console devient un projet personnel, presque artisanal. Certains en ont même fait une activité professionnelle ou un complément de revenus, en proposant des prestations de rénovation ou des consoles « custom » prêtes à l’emploi.

Au-delà du plaisir de bricoler, ces pratiques posent aussi une question de fond : qui préservera le patrimoine vidéoludique si les machines cessent de fonctionner et que les supports d’origine se dégradent ? Pour beaucoup, réparer une NES ou recapper une PC Engine, c’est une forme de conservation culturelle.

Le rôle des communautés et des événements IRL

Le retour des consoles rétro ne se joue pas seulement derrière les écrans. Il s’incarne aussi dans les événements physiques :

Ces lieux jouent un rôle essentiel : ils permettent à une nouvelle génération qui n’a pas connu ces consoles à leur sortie de les découvrir dans des conditions proches de l’époque… mais sans avoir à passer par le marché de l’occasion.

Et maintenant, jusqu’où ira la vague rétro ?

La question est inévitable : s’agit-il d’un simple effet de mode, ou d’une transformation plus durable de la culture geek et du marché du jeu vidéo ?

Plusieurs signaux laissent penser que ce mouvement s’inscrira dans le temps :

En parallèle, le marché de l’occasion restera sans doute très hétérogène : entre passionnés qui échangent à prix raisonnables, collectionneurs prêts à tout pour un exemplaire mint, vendeurs opportunistes et acheteurs impulsifs, les écarts de prix risquent de se creuser encore.

Reste une certitude : les consoles rétro ont retrouvé une place que peu auraient anticipée. Elles ne se contentent pas de réveiller des souvenirs, elles alimentent de nouveaux usages, de nouveaux business et de nouvelles formes de créativité autour du jeu vidéo. Et si votre vieille console dort encore dans un carton à la cave, c’est peut-être le moment d’aller vérifier : elle vaut sans doute bien plus qu’un simple coup de nostalgie.

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