Des ampoules qui parlent, des toilettes qui twittent et des brosses à cheveux qui vous jugent : les objets connectés ont officiellement dépassé le stade de la simple « aide au quotidien ». Entre vraie innovation et gadgets totalement absurdes, la frontière est désormais très floue. Et surtout, tout cela est déjà en vente.
Tour d’horizon des objets connectés les plus insolites que vous pouvez acheter aujourd’hui pour, au choix, booster votre quotidien… ou le transformer en sketch technologique permanent.
Pourquoi les objets connectés deviennent-ils (parfois) complètement fous ?
En 2024, on estime à plus de 15 milliards le nombre d’objets connectés en circulation dans le monde. Montres, thermostats, caméras, balances… Jusque-là, rien de choquant.
Mais dans la course à l’innovation (et au buzz), les marques vont toujours plus loin :
- Tout est prétexte à ajouter un capteur ou une appli.
- Les coûts de production diminuent, donc on teste des idées farfelues.
- Les plateformes de financement participatif encouragent les concepts extrêmes, quitte à frôler l’inutile.
Résultat : on se retrouve avec des objets qui oscillent entre le génial, le franchement pratique, et le totalement WTF. Voyons lesquels méritent vraiment leur place chez vous… et lesquels risquent surtout de finir dans un tiroir.
Dans la cuisine : quand le frigo devient plus intelligent que vous
La cuisine est un terrain de jeu idéal pour les objets connectés. Et parfois, on ne sait plus trop si c’est pour vous simplifier la vie ou pour transformer chaque repas en expérience technologique.
La fourchette connectée qui traque votre façon de manger
Vous mangez trop vite ? Une fourchette connectée peut désormais vous le rappeler… en vibrant à chaque bouchée jugée « trop rapide ». Elle enregistre :
- le nombre de bouchées,
- la durée du repas,
- les pauses entre chaque bouchée.
Sur le papier, c’est une bonne idée pour ceux qui veulent mieux contrôler leur alimentation. Dans la réalité, se faire gronder par une fourchette qui vibre au restaurant peut vite devenir gênant.
La poubelle connectée qui sait ce que vous jetez
Oui, même votre poubelle veut désormais se connecter au Wi-Fi. Certains modèles scannent les codes-barres des produits que vous jetez pour :
- mettre automatiquement à jour votre liste de courses,
- vous aider à suivre votre consommation,
- vous rappeler vos achats réguliers.
Pratique pour les familles nombreuses, un peu excessif pour une vie de célibataire. Et encore faut-il avoir le réflexe de tout scanner correctement avant de lancer le sac.
La tasse ou gourde connectée qui surveille votre hydratation
C’est l’un des gadgets étranges… qui peuvent vraiment être utiles. Des bouteilles ou mugs intelligents suivent la quantité d’eau que vous buvez et vous envoient des rappels si vous êtes loin de votre objectif. Idéal pour les personnes qui oublient littéralement de boire en télétravaillant ou en enchaînant les réunions.
Dormir mieux (ou pas) grâce aux objets connectés
Le sommeil est devenu un marché à part entière. Entre matelas, oreillers et masques de nuit connectés, tout est désormais analysé : vos cycles de sommeil, vos mouvements, vos ronflements… et parfois même votre couple.
Le matelas qui espionne vos nuits
Certains matelas et surmatelas intelligents surveillent :
- votre fréquence cardiaque,
- vos mouvements nocturnes,
- vos cycles de sommeil,
- la température du lit.
Ils ajustent ensuite la fermeté ou la température pour optimiser votre confort. Techniquement, c’est impressionnant. Reste à accepter que même votre lit vous envoie un rapport détaillé le matin.
L’oreiller connecté anti-ronflements
Votre partenaire ronfle ? Des oreillers « intelligents » détectent les vibrations sonores et se gonflent légèrement pour changer la position de la tête du dormeur. L’objectif : réduire les ronflements sans réveiller tout le monde.
C’est probablement l’un des objets connectés les plus salvateurs pour la paix des couples… à condition qu’il ne se déclenche pas à chaque bruit suspect.
Le masque de nuit à LED pour « optimiser » vos rêves
Plus futuriste encore : des masques de nuit connectés utilisent des lumières et des sons pour influencer votre sommeil, voire favoriser les rêves lucides. À la clé, une appli qui promet d’analyser vos nuits comme un coach personnel.
On entre ici dans une zone grise entre bien-être, quantified self et expérimentation techno un peu extrême. Utile si vous êtes obsédé par vos nuits, beaucoup moins si vous cherchez juste à… dormir.
Objets connectés pour animaux : quand votre chat a une meilleure appli que vous
Le marché des objets connectés pour animaux explose. Colliers GPS, distributeurs automatiques, caméras avec micro… Nos compagnons à quatre pattes sont devenus des utilisateurs comme les autres.
Le collier connecté qui suit chaque mouvement
Certains colliers intelligents pour chiens et chats proposent :
- géolocalisation en temps réel,
- historique des promenades,
- suivi de l’activité physique,
- alertes si l’animal sort d’une zone définie.
Pour les animaux fugueurs ou les grands espaces, c’est un vrai plus. Pour un chat d’appartement qui dort 18h par jour, recevoir une notification « activité insuffisante » prête un peu à sourire.
La gamelle connectée qui reconnaît chaque animal
Si vous avez plusieurs animaux à la maison, une gamelle intelligente peut s’ouvrir seulement lorsque l’animal autorisé s’approche (grâce à une puce ou un collier identifié). Intérêt :
- éviter qu’un animal vole la nourriture de l’autre,
- gérer des régimes spécifiques,
- suivre les quantités ingérées.
C’est un gadget qui répond à un vrai besoin, notamment chez les animaux malades ou obèses. À condition de supporter les regards insistants de celui qui se fait refuser l’accès à la gamelle.
La litière connectée qui envoie des rapports de… tout
Oui, même la litière peut être connectée. Certains modèles analysent automatiquement les passages de votre chat pour détecter d’éventuelles anomalies (fréquence, durée, poids, etc.), et vous alertent en cas de suspicion de problème de santé.
Clin d’œil intéressant : dans plusieurs études vétérinaires, ces données ont effectivement permis de détecter tôt des maladies rénales ou urinaires. Technologie incongrue, mais potentiellement très utile.
Hygiène et salle de bain : entre coaching et surcontrôle
La salle de bain est devenue un laboratoire de quantified self. Votre brosse à dents, votre miroir et même vos toilettes peuvent désormais envoyer des données dans le cloud.
La brosse à dents connectée qui note votre brossage
Les brosses à dents intelligentes existent depuis quelques années mais se perfectionnent. Elles détectent :
- les zones oubliées,
- la pression exercée,
- la durée du brossage.
L’appli affiche un score et des conseils personnalisés. À l’échelle de la santé publique, c’est loin d’être absurde : une mauvaise hygiène dentaire est liée à de nombreuses pathologies. À l’échelle individuelle, tout le monde n’a pas forcément envie de se faire évaluer deux fois par jour.
Le miroir connecté qui commente votre peau
Certaines glaces de salle de bain embarquent une caméra et des algorithmes d’analyse de peau. Elles peuvent :
- détecter des zones sèches,
- analyser rougeurs et imperfections,
- recommander des produits adaptés,
- suivre l’évolution dans le temps.
Entre gadget marketing et outil de suivi dermatologique, la ligne est fine. Intéressant pour les passionnés de skincare, un peu inquiétant si votre miroir se met à vous faire la morale chaque matin.
Les toilettes connectées qui font des analyses
C’est peut-être l’objet le plus intime de cette liste. Au Japon, des WC intelligents existent depuis longtemps, mais la nouvelle génération va plus loin en intégrant des capteurs capables d’analyser certaines données de santé (par exemple la présence de glucose ou d’indicateurs liés aux reins).
À terme, ce type d’objet pourrait devenir un outil de prévention médicale. Pour l’instant, on en est encore au stade expérimental et très haut de gamme… mais l’idée d’un check-up passif, sans prise de sang, commence clairement à s’installer.
Maison intelligente… ou maison capricieuse ?
Domotique, sécurité, confort : la maison est truffée de capteurs. Certains apportent un vrai gain, d’autres posent une question simple : avions-nous vraiment besoin de cela ?
Le détecteur d’ouverture de frigo « anti grignotage »
On connaissait les capteurs d’ouverture de porte pour la sécurité. Désormais, ils sont aussi collés sur… des frigos, avec des applis qui vous envoient des alertes si vous l’ouvrez trop souvent.
Entre auto-discipline et culpabilisation connectée, chacun se fera son avis. L’objet a au moins le mérite de matérialiser les allers-retours compulsifs vers la cuisine pendant une journée de télétravail.
Le pot de fleurs connecté qui vous envoie des SOS
Les plantes d’intérieur ont aussi droit à leur révolution IoT. Des pots équipés de capteurs mesurent :
- l’humidité du sol,
- la température ambiante,
- la luminosité.
Et vous préviennent via une appli lorsque votre plante a soif ou manque de lumière. Pour tous ceux qui se disent « je n’ai pas la main verte », c’est un gadget qui a du sens. Reste à ne pas ignorer les notifications, sous peine de culpabiliser encore plus quand la plante finit par rendre l’âme.
La sonnette connectée qui filme tout et tout le monde
Les sonnettes vidéo connectées sont déjà bien installées : elles permettent de voir qui sonne, de parler à distance, de recevoir des alertes en cas de mouvement. Pratique pour les livraisons, la sécurité et les voisins un peu trop curieux.
Mais la question de la vie privée reste très présente. Certaines villes américaines ont par exemple déjà noué des partenariats avec ces systèmes pour accéder plus facilement aux images. Un simple objet pratique peut rapidement devenir un outil de surveillance généralisée si l’on n’y prend pas garde.
Wearables absurdes… ou en avance sur leur temps ?
Les montres et bracelets connectés sont entrés dans les usages. Mais certains wearables poussent le concept beaucoup plus loin, parfois jusqu’à l’absurde.
Le t-shirt ou soutien-gorge connecté de fitness extrême
Des vêtements intelligents intègrent désormais des capteurs textiles pour suivre :
- la fréquence cardiaque,
- la respiration,
- la posture,
- le niveau d’effort.
L’idée : vous fournir des données « de pro » lors de vos entraînements, sans ceinture pectorale ni montre. Les équipes sportives de haut niveau les utilisent déjà. Pour un joggeur du dimanche, c’est plutôt le plaisir geek de voir des courbes ultra détaillées d’un footing de 30 minutes.
Les bagues connectées qui veulent remplacer votre montre
Les smart rings promettent de suivre votre sommeil, votre activité, votre stress, tout en restant discrètes. Elles peuvent aussi parfois :
- payer sans contact,
- déverrouiller une porte,
- contrôler certains appareils.
Là encore, on oscille entre l’objet futuriste et l’accessoire de niche. La bague connectée pose aussi une question pratique : combien de personnes se lavent les mains, se douchent, cuisinent… sans jamais enlever leurs bagues ? La résistance au quotidien reste un vrai sujet.
Les vêtements connectés pour bébés ultra-anxieux
Body, chaussettes, capteurs à fixer sur la couche : tout un écosystème existe pour suivre en temps réel la respiration, la position ou la température d’un nourrisson.
L’objectif affiché est rassurant : prévenir des risques, notamment liés au sommeil. Dans les faits, les études montrent que ces dispositifs peuvent aussi augmenter l’anxiété parentale en multipliant les fausses alertes.
C’est typiquement le genre d’objet où la technologie précède encore la réflexion médicale et psychologique à long terme.
Quand les objets connectés compliquent plus qu’ils n’aident
Au-delà du côté insolite, une question revient souvent : à partir de quand un objet connecté devient-il une contrainte plutôt qu’une aide ? Quelques signaux d’alerte :
- Vous passez plus de temps à configurer, recharger et dépanner l’objet qu’à profiter de sa fonction.
- Vous multipliez les applis, comptes et mots de passe pour des tâches finalement simples.
- Un simple oubli de Wi-Fi, de batterie ou de serveur cloud rend l’objet inutilisable.
Des exemples concrets :
- Une ampoule connectée qui refuse de s’allumer parce que la mise à jour logicielle est en cours.
- Une serrure connectée qui plante et vous laisse devant votre porte avec les courses.
- Un robot de cuisine intelligent qui demande un compte, une connexion et une mise à jour pour… lancer une cuisson de pâtes.
La vraie question à se poser : est-ce que l’objet améliore réellement une tâche du quotidien, ou est-ce qu’il ajoute une couche de complexité numérique à quelque chose qui fonctionnait très bien en version « analogique » ?
Comment choisir un objet connecté sans (trop) se faire piéger
Face à cette avalanche de gadgets, quelques réflexes permettent de séparer l’insolite utile de l’insolite gadget :
- Partir d’un besoin réel : avez-vous vraiment un problème à résoudre, ou est-ce juste séduisant sur la fiche produit ?
- Vérifier la dépendance au cloud : si les serveurs du fabricant tombent, l’objet reste-t-il utilisable ?
- Regarder la durée de vie : batterie remplaçable, mises à jour annoncées, compatibilité avec d’autres systèmes ?
- Tester la valeur ajoutée : après la phase « effet wahou », l’objet apporte-t-il encore quelque chose au bout de trois mois ?
- Considérer la vie privée : quelles données sont collectées, où vont-elles, que se passe-t-il en cas de revente ou de panne ?
Un bon indicateur : si l’objet continue à vous sembler utile une fois passée l’excitation de la nouveauté, c’est plutôt bon signe. S’il finit éteint dans un tiroir après quelques semaines, vous aviez probablement affaire à un gadget de plus.
Les objets connectés les plus insolites racontent surtout quelque chose de notre époque : l’obsession de tout mesurer, de tout optimiser, parfois jusqu’à l’absurde. Entre innovation brillante et surenchère technologique, le choix vous appartient. À vous de décider si votre prochain achat sera un vrai allié du quotidien… ou le héros d’une future anecdote autour d’un dîner entre geeks.










