Matomo Analytics : l’alternative française à Google Analytics pour protéger vos données

Matomo Analytics : l’alternative française à Google Analytics pour protéger vos données

Pourquoi chercher une alternative à Google Analytics ?

Depuis l’entrée en vigueur du RGPD en 2018, la gestion des données personnelles est devenue un véritable casse-tête pour les entreprises européennes. Et avec les récentes décisions des autorités, comme celle de la CNIL en France estimant que l’usage de Google Analytics viole le règlement sur la protection des données, beaucoup cherchent une alternative plus respectueuse de la vie privée. Mais laquelle choisir sans sacrifier la puissance d’analyse ?

C’est là que Matomo entre en jeu. Cette solution française, qui monte en puissance depuis quelques années, séduit de plus en plus d’acteurs du web soucieux de protéger les données de leurs utilisateurs. Et spoiler alert : elle a pas mal d’arguments à faire valoir !

Matomo, c’est quoi exactement ?

Anciennement connu sous le nom de Piwik, Matomo est un outil open source d’analyse web lancé en 2007. Il a été conçu dès le départ avec un objectif clair : offrir aux utilisateurs un contrôle total sur leurs données. Contrairement à Google Analytics, qui stocke les données sur les serveurs de Google (souvent situés aux États-Unis), Matomo peut être auto-hébergé, c’est-à-dire installé directement sur les serveurs de votre entreprise. Une nuance qui change tout en matière de conformité RGPD.

Et ce n’est pas un petit acteur marginal. Aujourd’hui utilisé par plus de 1,4 million de sites web dans le monde, y compris par des institutions publiques, des universités et de nombreuses PME, Matomo est une alternative crédible, robuste, et en constante évolution.

Les atouts de Matomo face à Google Analytics

Vous hésitez encore à sauter le pas ? Voici quelques avantages concrets à considérer :

  • Respect des données personnelles : Matomo ne transmet pas les données de vos visiteurs à des tiers. Elles restent à vous, et uniquement à vous. Si vous choisissez de l’auto-héberger, vous contrôlez totalement l’endroit où elles sont stockées.
  • Conformité RGPD facilitée : Matomo propose des outils intégrés pour l’anonymisation des IP, la gestion du consentement et la possibilité pour les visiteurs de refuser le suivi (opt-out).
  • Pas de cookie requis : Il est possible de configurer Matomo pour fonctionner sans cookies, ce qui évite d’avoir à afficher un bandeau de consentement, si vous n’utilisez par ailleurs aucun autre cookie non-essentiel.
  • Une interface claire, et sans surprise : L’UX de Matomo est à la fois simple d’accès pour les non-initiés, et suffisamment riche pour les analystes aguerris.
  • Fonctionnalités avancées : Analyse de conversions, tunnels de vente, suivi des objectifs, heatmaps, tests A/B… Matomo a tout (ou presque) de Google Analytics, moins l’intrusion.

Et le petit plus ? Contrairement à Google Analytics 4 qui a laissé bon nombre de marketeurs perplexes par sa complexité et ses changements radicaux, Matomo propose une transition beaucoup plus fluide. Pas de courbe d’apprentissage abrupte ici, et vos anciennes habitudes ne sont pas complètement à revoir.

Matomo en chiffres : pourquoi ça pèse

On dit souvent que les chiffres parlent d’eux-mêmes. Alors en voici quelques-uns qui illustrent bien le poids croissant de cette alternative européenne :

  • +1,4 million de sites utilisent Matomo dans 190 pays.
  • 74 langues sont disponibles pour l’interface, un vrai plus pour les collaborateurs internationaux.
  • 100 % compatible RGPD, ePrivacy et même HIPAA (norme américaine sur les données de santé).
  • Utilisé par des grands noms comme la Commission européenne, l’ONU, ou des entreprises comme NASA et Red Bull.

Matomo n’est clairement plus un outil de niche. Son ADN open source en fait une solution communautaire, souvent plus transparente sur ses évolutions que les géants du web.

Matomo Cloud ou On-Premise : que choisir ?

L’un des points forts de Matomo, c’est sa flexibilité. L’outil existe en deux versions : hébergée (cloud) ou auto-hébergée (on-premise).

  • Matomo Cloud : Le service est géré à 100 % par l’équipe Matomo. L’hébergement est européen (en Allemagne) : pratique si vous ne voulez pas vous prendre la tête avec l’installation ou la maintenance technique. Toutefois, cette option est payante, avec un tarif basé sur le trafic mensuel de votre site.
  • Matomo On-Premise : C’est la version open source, gratuite à installer sur vos propres serveurs. Elle nécessite des compétences techniques, mais vous offre une totale autonomie et aucun coût récurrent (hormis celui de l’hébergement). Parfait pour les DSI ou agences digitales bien équipées.

Petite anecdote amusante : certaines mairies françaises, dans un effort de numérisation « made in France », ont récemment fait le choix de Matomo On-Premise, en utilisant les budgets de transition numérique pour former leurs équipes à ce nouvel outil plus éthique. Une preuve que la souveraineté numérique peut aussi passer par des décisions concrètes, sur des détails en apparence techniques.

Et niveau fonctionnalité, on perd quelque chose en quittant Google ?

C’est la grande crainte de beaucoup : perdre en précision ou en options. À tort.

Matomo couvre l’immense majorité des usages courants de Google Analytics, et en ajoute certains qui sont payants chez Google, comme l’import automatique de vos données Google Ads ou le suivi des vidéos embarquées.

Voici un aperçu de ce que propose Matomo :

  • Suivi des pages vues, visites, canaux d’acquisition (SEO, réseaux sociaux…)
  • Analyse détaillée du comportement des utilisateurs (temps passé, pages de sortie…)
  • Tableaux de bord personnalisables
  • Cartes de chaleur (heatmaps) et enregistrement des sessions utilisateurs
  • A/B testing intégré
  • Intégration avec WordPress, WooCommerce, Magento, et plus

La seule limite potentielle ? Certains modules avancés sont payants en version On-Premise (comme le A/B testing ou la segmentation avancée), mais restent abordables par rapport aux solutions de type Google Analytics 360.

Switch to Matomo : un passage douloureux ?

Pas autant qu’on pourrait le croire. Matomo propose des outils de migration pour faciliter le transfert de l’historique de vos données Google Analytics. Même si le passage n’est pas « plug and play », il est tout à fait faisable, surtout si vous en profitez pour revoir vos KPIs et tracker ce qui compte vraiment pour vous (ce que l’on oublie trop souvent dans la routine…).

Des CMS comme WordPress proposent même des plugins dédiés permettant d’installer et configurer Matomo en quelques clics. De nombreux hébergeurs français (OVH, Infomaniak, etc.) le proposent désormais en option dans leurs offres.

Et si vous gérez un petit site ou un blog, la version Cloud gratuite jusqu’à 21 jours permet de tester en douceur avant de vous engager.

Google Analytics / Matomo : le match

Pour les hésitants, voici un petit tableau synthétique – sans fard – qui pourrait vous aider à trancher :

Critère Google Analytics Matomo
Collecte des données Serveurs Google (USA) Serveurs européens ou auto-hébergés
RGPD friendly Non (selon CNIL) Oui, 100% conforme
Interface utilisateur Complexe (GA4) Intuitive et modulaire
Open source Non Oui
Utilisation sans cookies Non Oui
Version gratuite Oui (limités), 360 = payant Oui (On-Premise)

Une tendance de fond, pas un effet de mode

Les enjeux autour de la protection des données ne vont faire que s’amplifier dans les années à venir. Et dans ce contexte, miser sur une solution éthique, transparente et conforme aux réglementations européennes est moins une posture militante qu’un choix stratégique.

L’Europe commence à affirmer ses standards numériques — il suffit de voir l’impact du Digital Markets Act sur les géants du web. Les outils comme Matomo s’inscrivent parfaitement dans cette dynamique de souveraineté et de reprise de contrôle.

Changer d’outil de web analytics n’est pas une petite décision. Mais quand on pèse le pour et le contre, Matomo s’impose comme une alternative solide, crédible, et résolument tournée vers le respect des utilisateurs.

Après tout, pourquoi continuer à nourrir un ogre de données quand on peut garder la main sur ses propres outils, sans perdre en efficacité ?